P'tit délire

Dans un moment de grande solitude, je m'étais mis à écrire cette petite chanson. Inutile de préciser que c'est à prendre au 38e degré ! ;)
Pour ceux qui retrouveraient un petit air familier aux paroles, c'est une libre adaptation de la chanson "A L'aventure", de l'histoire en MP3 du "Donjon de Naheubleuk" (dont je salue la formidable équipe)

A L'AVENTURE

J'étais dans mon village, je réparais des chaises en bois
Mais l'aventure m'appelait, l'ennui était en moi
J'avais ouï que le Nord
Avait besoin de renforts
J'ai attrapé mon canasson pour r'joindre un bataillon

A l'aventure, compagnons
Je suis parti vers l'horizon
J'aurais mieux fait d'rester chez moi
La suite vous le dira

Je suis arrivé au lieu dit trempé par un orage
Ma monture s'est enfuie mais j'ai gardé mon courage
En entrant dans l'campement qui n'était même pas gardé
J'ai glissé dans la boue et puis les gars sont arrivés

REFRAIN
A l'aventure, compagnons
Je suis parti vers l'horizon
J'aurais mieux fait d'rester au lit
c'bataillon est pourri

Ils m'ont donné un fusil, un képi, un sac à pain
Et ils m'ont fait sauter et courir comme un lapin
J'ai tiré sur des cibles qu'étaient peintes sur des troncs
Ils m'ont déclaré apte et m'ont envoyé sur le front

REFRAIN

Je suis arrivé sur le champ à temps pour la bataille
Et bientôt il me fallut courir sous la mitraille
Le rebs ont débouché derrière un bois de sapins
Et ils nous ont refoulé à grand coup de pieds dans le train

REFRAIN

Le combat était finit et j'ai voulu rentrer chez moi
En courant sous la pluie, boîtant comme un vieux rat
Les rebs m'ont vu passer, courant vers l'Kentucky
Ils se demandent encore qui était cet abruti

A l'aventure, non d'un chien
J'irais plus faire le malin
J'aurais mieux fait d'rester chez moi
A faire des chaises en bois
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# Posté le mardi 30 janvier 2007 17:51

Non ! La Confédération n'a pas perdu !

Non ! La Confédération n'a pas perdu !
Voici un petit lien qui expliquera la nouvelle théorie américaine selon August J. Pollack, comme quoi la Confédération n'a finalement pas perdu la Guerre de Sécession...

http://theunitedamerican.blogs.com/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2005_08_08_2.png
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# Posté le mardi 30 janvier 2007 17:53

Mémoire de reenactor

Mémoire de reenactor
J'avais envie sur cet article de vous faire partager une des scènes, je crois, qui restera longtemps gravée dans ma mémoire. Non pas par son action, sa rareté ou son décalage. Non. Plutôt qu'à cet instant, je me suis rendue compte qu'on pouvait vraiment oublier qui on était, ce qu'on faisait, pour vraiment s'immiscer totalement dans l'époque que nous reconstituions et vraiment vivre ce que nous aurions pu y vivre si nous y avions vécu, avec les émotions et les sentiments qui vont avec. L'adrénaline y était, et l'instinct de survie parlait pour nous !

C'était en 2006, au Maryland Ranch. Nous tentions de débusquer les rebelles d'un bois où ils s'étaient retranchés, dans une légère dépression naturelle, protégée par un arbre centenaire qui s'était effondré. Nous étions tous au skirmish, c'est à dire alignés en tirailleurs, chacun espacé de cinq pas. Nous avançions sous le feu ennemi, tentant de nous protéger comme nous le pouvions derrière les arbres. Le caporal nous exhortait à faire le plus de bruit possible pour leur faire croire que nous étions plus nombreux. Hélas, le nombre de fusils ne variait en rien, et nous tombions comme des mouches sous les balles ennemies. Il n'y eut bientôt que moi et le sergent Mac Foye pour tenir la ligne. Je me rappelle encore cet instant où le sergent se tourna vers moi pour me demander où était le private Thomas, mon ailier de droite. Tellement accaparée par ce qui se passait en face de moi et à guetter les ordres de mon supérieur, que j'avais négligé de regarder ailleurs. Me tournant vers l'arrière, je vis le private Thomas gisant à terre, à quelques pas de là. Cette vision m'attrista, mais visiblement, nous ne pouvions plus rien faire pour lui. Nous continuâmes donc à avancer, vaille que vaille, tandis que le caporal Morillon et le private Pierre prenaient les sudistes à revers. Les coups de feu et les provocations ne tarrissaient pas.
Et soudain, ce fut le grand silence. Alors que nous nous préparions à charger leur défense, leurs fusils se turent, et nous restâmes un instant stupéfaits. Ce silence si soudain nous semblait irréel, presque assourdissant, après tout le vacarme de la bataille. Nous nous approchâmes prudemment, croyant à une ruse de l'ennemi. Mais alors que les nuages de fumée se dissipaient, ce fut une scène incroyable qui nous attendit au détour de l'arbre centenaire abattu : ce n'était que des corps désarticulés, dans les positions les plus diverses, immobiles. Ils étaient tous morts. Tués ? Suicidés ? Je n'en sus jamais rien. Mais cette vision, qui s'était offerte progressivement à mon regard, m'a fait un grand choc.

# Posté le mardi 30 janvier 2007 19:20

Modifié le mercredi 31 janvier 2007 11:16

Mc Clellan et sa selle

Mc Clellan et sa selle
Cela pourra en surprendre plus d'un, mais le général Mc Clellan, autre qu'avoir été un général Unioniste, a eu cette particularité d'avoir inventé la selle qui porte son nom, et qui est si caractéristique de la cavalerie américaine du XIXe siècle.

George McClellan, né à Philadelphie en 1826, rejoignit la prestigieuse école militaire de West Point en 1842, d'où il sortira second de sa promotion quatre ans plus tard. Il gagnera ses galons de capitaine lors de la guerre contre le Mexique (1844-1848), puis il retournera trois ans à West Point en tant qu'instructeur avant d'être transféré dans la cavalerie.

Lors de la Guerre de Crimée (1853-1856), il sera envoyé en compagnie d'autres officiers observer les techniques militaires utilisées en Europe. Impressionné par les selles prussiennes et hongroises, bien adaptées au cavalier de combat, il décidera de développer un nouveau modèle qui s'inspirera de ces selles : la McClellan.

La selle McClellan avait la particularité d'être trouée en son milieu, l'arçon n'étant pas entièrement recouvert de cuir, ce qui allégeait grandement la selle, favorisait la circulation de l'air entre le pommeau (très dégarroté) et le troussequin (très relevé). Son faible coût de fabrication et sa robustesse étaient aussi des qualités appréciables.

Cette selle fût le modèle standard de l'armée américaine dès 1859, remplaçant ainsi la Grimsley Saddle, jusqu'au retrait de la cavalerie en 1942.

Bien vite tombée en désuétude, elle reprendra du service avec l'apparition de l'équitation de loisir, plus précisément la randonnée. Ses qualités retrouvées, de plus en plus d'amateurs s'entichèrent pour ce modèle et diverses déclinaisons virent le jour, avec les adaptations modernes qui vont avec : arçon en polyester, matelassures, quartiers... Certaines selles furent tellement modifiées qu'elles ne tinrent de leur aînée que le nom !!!

Donc, ami cavalier reconstitueur, avant d'acheter une selle Mc Clellan, assures toi qu'elle est du modèle d'origine !

Sources : Guichard sellier, le Guichet du Savoir, Ushits Suttler, Wikipédia
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# Posté le jeudi 15 février 2007 18:38

Modifié le jeudi 15 février 2007 19:18

des chevaux et des hommes

des chevaux et des hommes
pour continuer notre série sur les chevaux de cavalerie, voici quelques unes des anecdotes les plus mémorables de la guerre de Sécession portant sur ces animaux. Vous vous rappelez de King Philipp, le cheval du général confédéré Nathan Bedford Forrest. Mais ce ne fut pas le seul à avoir sa part de petite histoire. Beaucoup de ces chevaux restèrent dans les mémoires comme exemples de sagacité, de courage et de fidélité, comme s'ils comprenaient les enjeux et l'importance de la guerre. Beaucoup de chevaux de généraux furent aussi importants aux yeux de la troupe qu'ils l'étaient aux yeux de leurs maîtres...

Pour rester sur le général Forrest, il faut tout d'abord savoir qu'il détient le record de chevaux tués au combat. près de 30 chevaux furent tués sous lui, dont deux à trois par bataille ! Mais c'est probablement de lui que nous tenons les anecdotes les plus surprenantes. En voici les deux principales :

RODERICK, LE DEVOUEMENT FAIT CHEVAL
Roderick fut certainement le cheval qui a le plus marqué Forrest. C'était l'un de ses favoris, et il le lui rendait bien, le suivant partout où il allait dans l'enceinte du camp. A Thompson Station, Roderick, touché à trois reprises, continua à charger. Forrest descendit de selle et enfourcha une autre monture. Mais, entendant les bruits de la bataille, Roderick s'enfuit et retourna vers son cavalier, sautant trois clôtures. Il fut fauché par une balle au moment même où il réussit à le rejoindre.

CHEVAL BÊTA
En 1864, après avoir longuement poursuivit les Fédéraux, Forrest et ses hommes étaient aussi fourbus que leurs chevaux. Un après-midi, après une bataille près de Salem, ils étaient toujours sur leur piste quand les membres de son escorte se rendirent compte que le général était endormi sur sa monture. La question alors fut de savoir qui allait hériter de la dangereuse mission de le réveiller. Après une brève discussion, la situation fût réglée quand le cheval de Forrest, dormant lui aussi, quitta la route pour s'écraser contre un arbre. Cheval et cavalier roulèrent au sol, et Forrest resta un long moment inconscient...


Mais Forrest ne fut pas le seul à avoir de fabuleuses histoires avec ses chevaux. Comment parler de chevaux de la Confédération sans parler de Traveller, le gris du général Robert E. Lee ???


TRAVELLER, LE CHEVAL LEGENDAIRE
Traveller était un cheval gris fer de race Morgan, élevé dans le comté de Greenbrier, près de Blue Sulphur Springs. Poulain, il fut donné comme premier prix d'une foire à Lewisburg (Virginie). Quand les hostilités éclatèrent entre le Nord et le Sud, le cheval, appelé "Jeff Davis" appartenait au Major Thomas L. Broun, qui l'avait payé cent soixante quinze dollars-or. Il vit pour la première fois le cheval dans les grises montagnes de Virginie, et s'attacha aussitôt à lui, l'appelant sans cesse "mon poulain".
Au printemps 1862, le cheval devint officiellement la propriété de Lee, qui le paya $200. Le général le rebaptisa "Traveller", et à partir de ce jour, la vision du général Lee sur son cheval gris devint une habitude.
Lee eut de nombreuses montures durant la guerre. Elles s'appelaient "Grace Darling", "Brown Roan", "Lucy Long", "Ajax" ou encore "Richmond, mais "Traveller" garda une place toute particulière dans son coeur. De couleur gris charbonné, il avait une longue crinière et une queue gracieuse. Toisant 1,60m au garrot, il avait 5 ans en 1862 et sa physionomie était déja musculeuse, avec une poitrine profonde, une arrière main courte, le front large, des yeux vifs et des sabots fins et délicats. Sa foulée souple et rapide et son endurance l'ont vite fait remarquer dans les camps confédérés. Sur une marche longue et ennuyeuse avec l'armée de Virginie, il portait son cavalier sur 5 à 6 milles à l'heure facilement, et malgré une journée harassante, paraissait le lendemain aussi frais et fringuant qu'au début.
Et malgré les privations et la dureté de la guerre, "Traveller" survécut. Ce fut lui qui mena le Général Lee à Appommatox-Court-House pour sa reddition, et ce fût lui qui le ramena vers son armée défaite, puis à Richmond.
Après sa mort en 1872, "Traveller" fût enterré. Mais plusieurs dizaines d'années plus tard, à la suite de nombreuses demandes, son squelette fût déterré, monté et exhibé au Washington and Lee University à Lexington (Virginie). Après soixante années d'exhibition, le 8 mai 1971, le cheval fût à nouveau enterré à l'extérieur de la chapelle des Lee, à l'Université, près de la crypte familiale.

LITTLE SORREL, LE CHEVAL DEROBE DE STONEWALL JACKSON
Au début des hostilités, le général Thomas J. "Stonewall" Jackson montait un vieux baroudeur de onze ans, "Big Sorrel", rapidement déclaré inapte au service. Le 9 mai 1861, alors que Jackson commandait la garnison de Harper's Ferry, un convoi de ravitaillement ennemi fut capturé. Il y avait à l'intérieur une trentaine de chevaux, dont l'un d'eux attira plus particulièrement l'attention du général. Il envoya l'animal vers le département de son Etat-Major pour son usage personnel. Ce cheval était "Fancy", qui deviendra par la suite "Little Sorrel" (ou "Old Sorrel"). C'était un cheval plutôt petit (pas plus de 1,50m au garrot) et fin, voire émacié, mais qui possédait une remarquable endurance. "Little Sorrel" porta Jackson à travers de nombreux champs de bataille balayés par les balles, et il était avec lui quand il tomba sous le feu de ses propres hommes à la bataille de Chancellorsville.
En 1884, la plus grande curiosité de la foire de Hagerstown (Maryland), était ce vieux roublard de cheval de guerre, "Little Sorrel", attaché dans un corral, mâchant tranquillement des légumes et du foin. A la fin de la journée, presque tous les crins de sa crinière et de sa queue avaient disparus, dérobés par les chasseurs de reliques. Car bien après la guerre, ce cheval était aimé et estimé par les Sudistes, devenu la mascotte de l'Institut Militaire de Virginie.
A sa mort, les admirateurs de Jackson envoyèrent la carcasse de l'animal à un taxidermiste, et sa dépouille gisa jusqu'en 1997 à la "Maison du Soldat" à Richmond (Virginie), date à laquelle ses ossements furent enterrés sur les terres de l'Institut militaire de Virginie.

Le Sud n'a pas le monopole des belles histoires. Si nous regardons côté fédéral, nous pouvons y trouver d'autres anecdotes du même acabit. Les plus connues sont celles du général Ulysse S. Grant, grâce au témoignage de son fils, Frederick Dent Grant.


JACK, LE CHEVAL DE TOMBOLA
Quand la guerre éclata, Ulysse S. Grant fut nommé colonel du 21th d'infanterie de l'Illinois et pour la rejoindre, il acheta tout spécialement un cheval à Galena (Illinois). Ce cheval, bien que de forte stature, fût déclaré inapte au service et, quand il alla rejoindre son régiment, Grant campa pendant plusieurs jours au bord de la rivière Illinois.
Pendant ces jours-là passait un fermier montant un splendide cheval nommé Jack. C'était un étalon noble et de haute stature, intelligent et plein d'entrain, doué pour tout. Sa robe était crème, ses yeux noirs comme ses jambes, et ses crins argentés. C'était un cheval de grande valeur et Grant en fit l'acquisition comme monture supplémentaire, et le montait pour les parades militaires et autres cérémonies occasionnelles. Il le monta aussi à la fin de la bataille de Chattanooga (novembre 1863). Au moment de la Sanitary Fair de Chicago, le général Grant en fit don, et le cheval fut mis en tombola, apportant $4 000 à la Commission Sanitaire.

LE KANGOUROU MIRACULE
A la fin de la bataille de Shiloh, les Confédérés laissèrent sur le terrain un cheval alezan maigre et décharné, laid et visiblement propre à rien. Pour plaisanter, les officiers qui trouvèrent cet animal l'envoyèrent au Colonel Lagow, "avec leurs compliments". Le cheval, nommé "Kangaroo" à cause de son apparence, fut l'objet de nombreuses plaisanteries, et beaucoup raillèrent le cadeau fait au Colonel. Mais quand Grant le vit, il déclara au colonel que c'était un pur sang et que s'il n'en voulait pas, il serait heureux de le récupérer.Ce qui fut fait. Et contre toute attente, après une courte période de repos, de bonne alimentation et de soins, "Kangaroo" retrouva toute sa beauté et sa vigueur, et Grant put le monter durant la campagne de Vicksburg.

JEFF DAVIS, LE PONEY NOIR
Durant le siège de Vicksburg, un raid de cavalerie arriva à la plantation de Joe Davis, le frère du président de la Confédération Jefferson Davis, et y captura un poney aussi noir que du charbon. Il était usé, mais très facile à monter, et fut d'abord utilisé de temps en temps par le fils du général Grant, Frederick Dent Grant. Peu à peu, le poney reprit en vigueur et fut bientôt en assez bonne santé pour servir régulièrement.
A cette époque Grant senior souffrait de furoncle, et ses inspections quotidiennes des lignes étaient un véritable calvaire à cause des soubresauts nerveux de sa monture. Il décida donc de récupérer le poney noir, car sa démarche était douce et agréable. Après évaluation de l'animal, Grant le racheta et le garda jusqu'à la mort du poney, survenue bien après la guerre civile, et il fut toujours connu sous le nom de "Jeff Davis".

Sources : Civilwarhome, Petcaretips, Virginia Military Institute,
Hurst, Jack. Nathan Bedford Forrest. A Biography. New York, Vintage Books, 1994. 448 p.

Merci à McShan pour son aide précieuse sur les chevaux de Forrest.

# Posté le samedi 17 février 2007 18:18

Modifié le dimanche 18 février 2007 18:27