Le salut - Explications

Le salut - Explications
Le salut réglementaire dans l'armée est une chose suffisament intéressante pour qu'on s'y arrête le temps d'un article.
Sachez avant tout qu'il existe plusieurs sortes de salut, suivant la situation.

Voici un petit récapitulatif de "Quand Saluer" et de "Quand ne Pas Saluer"

QUAND SALUER
1. Quand un soldat rencontre un officier, il le salue poliment. L'officier va lui rendre le salut. En approchant l'officier, le salut doit être fait 6 pas avant de le rencontrer et tenu 6 pas après que l'officier soit passé.

2. Un officier ( non commanding officer) ou un soldat assis, sans occupation particulière, doivent se lever à l'approche d'un officier et faire le salut d'usage. Si le soldat est debout, il va se tourner vers l'officier pour le saluer. Si le soldat et l'officier sont amenés à se rencontrer plusieurs fois dans la journée, ce salut n'a pas à être répété.

3. Un officier ( non commanding officer) ou un soldat s'adressant à un officier doivent le saluer. Une fois qu'il lui a parlé ou qu'il a reçu la réponse, il le salue avant de partir. C'est le même principe quand un officier leur adresse la parole.

4. Quand un soldat armé entre dans les quartiers d'un officier, il doit faire le salut d'usage. Il n'a pas à enlever son chapeau. Sans fusil, il doit enlever son chapeau et demeurer dans la position de soldat. Il reste debout tant qu'il n'a pas été invité à s'asseoir.

5. La sentinelle ou le factionnaire saluera les officiers au dessus du rang de capitaine, les gradés du jour, et le commandant (qu'il soit au dessus du rang de capitaine ou non) en se tournant vers eux au 'present arm'. Les détachements armés passant près d'une sentinelle, commandés par un officier commandant, on droit à un 'support arm'. Si c'est par un officier non-commandant, ils seront salués au 'shoulder arm'.

QUAND NE PAS SALUER
1. les sentinelles et les factionnaires n'ont pas à saluer entre le couvre-feu et le réveil (du coucher au lever du soleil). Les piquets de garde n'ont pas à saluer.
2. Les soldats marchant en rang n'ont pas à saluer, l'officier les commandant les représentant. Si un soldat est occupé à une tâche, il n'est pas supposé s'arrêter pour saluer.

NB : on peut constater que ces extraits de règlements sont très proches de ceux en usage encore en France. Ces règles s'appliquent aussi bien côté sudiste que nordiste.

LES DIFFERENTS SALUTS
Au Shoulder Arm (arme sur l'épaule) façon fédérale : l'arme doit être tenue sur le bras droit, tenue par la platine, gâchette tournée vers l'avant. le canon du fusil doit retomber naturellement dans le creux de l'épaule. Le salut dans cette position se fait en portant la main gauche sur l'arme, soit par le plat de la main soit par son tranchant, à hauteur d'épaule, dans un geste énergique.
Au Shoulder Arm façon confédérée (voir photo) : l'arme doit être tenue par la main gauche, gâchette tournée vers soi. La façon de saluer est la même que pour la façon fédérale, sauf qu'elle est inversée. (c'est la main droite qui vient frapper l'arme)

Au support Arm : L'arme est tenue par le bras gauche, gâchette tournée vers soi, la platine retombant dans le creux du bras gauche replié. La main gauche se pose dans le prolongement du coude replié.

Au present Arm : L'arme est tenue devant soi, le chien posé sur la ceinture, gâchette tournée vers l'avant. La main droit soutien le fût de l'arme, tandis que la mais gauche vient se mettre sous la bande du fusil, le pouce vers l'extérieur la touchant.

Sources : Florida Reenactors
Merci à Mc Shan pour sa traduction
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# Posté le dimanche 25 mars 2007 20:50

Modifié le dimanche 25 mars 2007 21:18

Les Spartiate Du Tennessee

Commencé tel une farce, les filles "Spartiates" du Comté de Rhea ont bien vite attiré l'attention de certains officiers de l'Union.

D'après Charles Rice
Merci à Walker pour les travaux de recherche et de traduction


Eté 1862 - Autant pour tromper l'ennui que pour se rendre utile à l'effort de guerre, plus d'une vingtaine de jeunes femmes, issues de familles locales importantes et dont la moyenne d'âge ne dépassait pas dix-huit ans, prirent une grande décision. Toutes ces femmes avaient des pères ou des frères enrôlés dans l'armée confédérée, et ne pouvant, de par leur sexe, prétendre à s'engager, elles firent la meilleure chose qu'elles pouvaient faire : elles créèrent leur propre compagnie. Cette décision, pourtant prise à la légère et avec l'insouciance de la jeunesse, aura pour elles de graves conséquences. Oubliées de l'Histoire, ces femmes courageuses y ont pourtant contribué.

Le comté de Rhea est situé dans le Tennessee Oriental, sur la rive du fleuve du même nom. Ce comté était pro-confédéré, et a fournit sept compagnies à l'armée confédérée, et une seulement à l'Union - Un record dans le Tennessee oriental.
Quand les hommes sont partis à la guerre, leurs filles et leurs soeurs ont refusé d'être exclues du combat. Au lieu de cela, elles créèrent leur propre armée, avec son capitaine, ses lieutenants, ses sergents, et ses soldats. Pas de caporaux chez les Spartiates du Comté de Rhea.

Au début, les "Spartiates" se sont contentées de simples visites à leurs amoureux et parents enrôlés dans les trois compagnies postées dans la région, leur apportant des cadeaux utiles comme de la nourriture et des vêtements. Vers mi 1863 cependant, les troupes de l'Union pénétrant dans la région, les activités des filles devinrent évidemment plus prudentes. Elles ont continué à tenir des réunions clandestines, ne serait-ce que pour maintenir leur état d'esprit et pour échanger des nouvelles de la guerre. Les églises rurales de la région de Washington (Tennessee) étaient leurs lieux de rendez-vous favoris.
Fatalement, ces femmes ont dû s'engager dans des activités d'espionnage et de renseignement pour l'armée confédérée. Ce qui avait débuté évidemment comme une farce devenait plus sérieux et plus grave. Les "Spartiates" n'ont jamais eu de connexion officielle avec l'armée confédérée, ou même simplement avec l'Etat du Tenneessee. Néanmoins, un officier de l'armée de l'Union y a crû.

Après que le général confédéré John Bell Hood ait mené l'Armée du Tennessee au désastre lors de la bataille de Nashville (dec. 1864), les troupes de l'Union gagnèrent incontestablement le contrôle du comté de Rhea jusqu'à la fin de la guerre. Parmi les unités actives dans la région, on pouvait compter le 6e Regiment d'Infanterie Montée du Tennessee (côté fédéral). Formé à Chattanooga en octobre 1864 pour un an, le 6th était un régiment de canailles, composé certes de quelques véritables Unionistes du Tennessee, mais aussi combiné à un assortiment disparate et hétéroclite de réfractaires et de déserteurs confédérés. Son but principal était de combattre les petites bandes d'irréguliers Confédérés qui erraient toujours dans les montagnes du Cumberland. Au printemps 1865, le Capitaine John P. Walker de la compagnie B décida que la compagnie des Filles du Comté de Rhea correspondait à une de ces bandes.

Walker, un fermier de 38 ans natif du comté de Rhea, était un Unioniste typique du Tennessee. Quoiqu'il ai possédé un millier de dollars en valeurs immobilières, Walker était "pauvre en terre". De fait, le recensement de 1860 a estimé ses biens personnels à seulement $180 (à peine plus que la valeur d'un cheval de bonne qualité). En esquivant l'enrôlement en tant qu'officier confédéré jusqu'à l'arrivée des troupes de l'Union, Walker s'empressa de rejoindre les vainqueurs nordistes. Il acquit très vite une réputation pour sa rudesse envers les sympathisants sudistes, utilisant son autorité pour se venger des outrages qu'il se disait avoir vécu.

Walker a confirmé sa réputation quand il est revenu au comté de Rhea, en ordonnant l'arrestation en masse des "Spartiates". D'après lui, il était grand temps de donner une leçon à ces femmes Rebelles. Il réussit à persuader son commandant, le Lieutenant-Colonel George A. Gowin du comté d'Hamilton, de le suivre dans ce sens.

Le 5 avril 1865, alors que l'armée de Lee marchait désespérément pour finalement aboutir à Appomattox, Walker envoyait ses troupes rassembler les "Spartiates". En tant qu'originaire du même comté qu'elles, il savait non seulement qui étaient ces femmes agaçantes, mais également où il pouvait les trouver. Le Premier Lieutenant William B. Gothard s'est donc dirigé au sud du secteur de Washington, où les officiers des "Spartiates" résidaient.

Très vite arrêtées, seize des jeunes femmes furent ramenées à Walker au bout du fusil. Quand elles apprirent qu'elles allaient être envoyées à Chattanooga, elles devinrent tout naturellement inquiètes. Le 6th Tennessee semble avoir été le seul régiment à voir dans les "Spartiates" une véritable unité militaire. Un honneur dont ces dames se seraient volontiers passées.

Une longue marche les attendait jusqu'à Bell's Landing. Une marche faite dans des conditions éprouvantes, les femmes marchant, leur escorte trottant à leurs côtés. Il faisait sombre et il pleuvait, et les femmes trébuchaient fréquemment dans les flaques. Puis ce fut l'attente sur la rive détrempée, la boue moite suintant dans leurs chaussures. Finalement, leur transport arriva - Un informe petit vapeur appelé USS Chattanooga, conçu et utilisé pour le ravitaillement des garnisons assiégées à Chattanooga. Les victoires de Grant à Lookout Mountain et à Missionary Ridge ayant rendu ce rôle inutile, le petit vapeur avait enchaîné les rôles ingrats. Le navire s'était engagé dans tant d'expéditions de fourrageage que les citoyens habitant le long du fleuve Tennessee l'avaient surnommé le "Voleur de Poulet".

N'étant pas équipé pour le transport de passagers, le Chattanooga ne put offrir aux "Spartiates" qu'une petite pièce, utilisée ordinairement pour dîner. Les tables et les chaises avaient été enlevées, et les seize jeunes femmes épuisées se sont serrées à l'intérieur. Deux gardes armés s'assuraient qu'aucun ennemi "dangereux" ne pouvait s'échapper.

Quand le vapeur s'amarra au quai à Chattanooga, Walker jeta dehors ses prisonnières et leur fit remonter la boueuse Market Street sous bonne garde, jusqu'au bureau du Provost Marshal, où les attendait le Major General James B. Steedman. Celui-ci considérait déjà Gowin et sa "cavalerie à dos d'âne" avec mépris. La dernière escapade de Walker ne fit que renforcer ce sentiment. Si Walker pensait être félicité pour cette victoire, il déchanta rapidement. Steedman le réprimanda vertement pour avoir perdu du temps avec une telle sottise. Les jeunes femmes furent alors escortées au Central House Hotel, où elles purent se rafraichir et se restaurer décemment. Tandis que Steedman s'efforçait à sa manière de démontrer que tous les Yankees n'étaient pas des barbares, il exigea d'elles qu'elles prêtent serment d'allégeance à l'Union. Ainsi, Walker n'aurait plus d'excuse pour les tourmenter.

Une fois cela fait, les "Spartiates" furent renvoyées sur le Chattanooga pour le voyage de retour. Les conditions du transport restèrent inchangés : pas de chaises ni de lit. Cette fois cependant, il n'y eut aucun garde armé pour les surveiller. Mais à l'arrivée, Walker se vengea une dernière fois en les laissant se débrouiller seules à l'embarcadère pour rejoindre leurs maisons, contrairement aux ordres qui lui avaient été donnés.

Steedman, irrité, écrivit au Major General George H. Thomas à Nashville, recommandant que le 6th Tennessee soit dissous et remplacé "avec de la bonne cavalerie". Le Colonel Lewis Merrill, de l'Union, fut bien plus cinglant : " Le 6th Tennessee et le 1st Georgia sont, dans l'opinion du general Steedman, tout à fait sans valeur. Ma propre observation du premier nommé confirme cette opinion. Ce sont simplemnt des lâches et des voleurs, inutiles, excepté pour maintenir une situation embrouillée et encourager des guérillas en s'enfuyant lorsqu'ils sont attaqués."

La guerre était presque terminée. Les "Spartiates" retournèrent au rôle conventionnel des femmes du XIXe siècle. Quelques semaines plus tard, Walker fut démobilisé, mais profita de son expérience pour acquérir certaines responsabilités administratives durant les années de Reconstruction, avant de retourner dans l'oubli. Avant que William G. Allen écrive une explication pour le magazine Confederate Veteran en 1911, la compagnie des Filles du Comté de Rhea avait été tout sauf oubliée. Seulement trois des "Spartiates" vivaient encore. Les vétérans masculins, du Nord comme du Sud, se sont souvent réunis pour revivre leur jeunesse. Mais jamais les Spartiates ne tinrent ce genre de réunion. C'est regrettable, car ces dames avaient aussi une histoire fascinante à raconter. Dans un sens, elles aussi avaient "vu l'éléphant" et avait fait leur devoir patriotique. Elle avaient fait ce qui leur semblait juste.


Composition de la compagnie des Filles du Comté de Rhea :
Mary Mc Donald - Capitaine
Caroline Mc Donald - First Lieutnant
Anne Paine - Second Lieutnant
Rhoda Tennessee Thomison - Second lieutnant
Jane Keith - First Sergeant
Rachel Howard - Sergeant
Sallie Mitchell - Sergeant
Minerva Tucker - Sergeant
Barbara Allen - Private
Josephine Allen - Private
Martha Bell - Private
Mary Crawford - Private
Kate Dunwoody - Private
Martha Early - Private
Ann Gillespie - Private
Jennie Hoyal - Private
Kate Hoyal - Private
Mary Robinson - Private
Sarah Rudd - Private
Margaret Sykes - Private
Maggie Keith - Private
Jane Locke - Private
Louisa Mc Donald - Private
Mary Ann Mc Donald - Private
Sidney Mc Donald - Private
Mary Paine - Private

# Posté le mercredi 11 avril 2007 14:50

Modifié le jeudi 12 avril 2007 15:27

Beauvais 2007

Beauvais 2007
C'est à proximité de Beauvais, dans l'Oise, que c'est déroulé le week-end dernier le camp du Maryland Ranch. Une vingtaine de personnes étaient attendues pour ce rendez-vous, venant des quatre coins de la France (sans oublier nos amis Belges).
Pour l'occasion, le 20th Maine représentait le 122th Ohio. En effet, le thème choisit pour cet événement était la bataille de Winchester, et le 20th Maine n'y avait historiquement pas participé. Le 122th était par contre retranché dans la ville, encerclé par les Rebelles, eux-mêmes représentés lors de notre camp par le 10th Louisiana.

La suite des événements que je vais vous conter ne seront qu'une partie de ce qui s'est déroulé. En effet, j'ai été durant ce camp à plusieurs reprises coupé du reste de l'unité, et n'ai donc qu'une vision partielle des escarmouches qui ont eut lieu. Mais cela n'en restera pas moins intéressant, comme vous pourrez le constater par la suite !


Drill et retrouvailles

les premiers participants arrivèrent tôt dans la matinée, et les retrouvailles fûrent chaleureuses. Pensez donc ! Cela faisait, pour certains, près d'un an qu'ils ne s'étaient pas vus !
Une fois tous les participants - ou presque - arrivés, nous regroupâmes nos paquetages au camp nordiste, puis nous équipâmes pour un entraînement commun au skirmish drill. Le temps était au beau, autant en profiter, car le dernier entraînement sur ce camp nous avait laissé un peu "froids"... Il avait plu sans cesse, et nous avions été frigorifiés toute la matinée.

Le skirmish drill est pour moi l'un des entraînements les plus intéressants à exercer et à parfaire. En effet, il demande une excellente coordination au soldat car il travaille en binome, mais lui demande aussi une certaine autonomie. A lui de respecter son intervalle avec ses voisins, à lui de garder la ligne le plus rigoureusement possible. Même s'il y a un caporal en principe pour veiller à cela, vaut mieux le faire soi-même plutôt que de se faire botter les fesses !
Nous nous entrainâmes donc une grande partie de la matinée, révisant le roulement des tirs, l'avancée, la retraite, le déplacement latéral... Il fallait une certaine synchronisation dans le groupe et après quelques flottements, le résultat était très satisfaisant.
Après un repas frugal, les tours de garde furent organisés. je fis partie du premier "detail", et n'en fut qu'à moitié surpris. J'avais le chic pour récupérer ce genre de tâches. mais j'avais une bonne équipe avec moi : le caporal de garde était Teddy Bear, et les autres sentinelles étaient le private Boldwin et le private Stubborn.
Notre mission était d'empêcher toute attaque surprise de la part des rebelles, et de tenir la ville désertée par ses habitants. Le caporal Teddy Bear nous disposa donc de la façon la plus judicieuse possible. Le scénario pouvait à présent commencer, nous étions prêts.

Galvanisation opportuniste

je pris donc place à la position que m'avais désigné le caporal Bear. C'était un endroit tout proche de l'entrée de la ville, avec vue sur la plaine, mais terriblement proche de l'orée de la forêt. Et pour la première fois, je commençais à avoir peur. Cette peur qui vous prend par surprise, à laquelle vous ne vous attendiez pas. Une peur irrationnelle, viscérale, qui vous fait imaginer toute sortes de choses ; Le vent bruissant dans les arbres, le soleil jouant sur les feuilles, les oiseaux perchés bruyamment sur les branches... Tout prenait pour moi une signification menaçante. Je voyais là un reflet de fusil, là une tête dépassant de derrière un arbre, là encore un bruit de pas, ou encore un ordre étouffé.
Pourtant, cet instant fugace ne dura pas, et la confiance revint. J'étais à portée de voix du caporal de garde, le private Boldwin n'était pas loin, je n'avais donc aucune crainte à avoir.
Et pourtant !
Pas même un quart d'heure plus tard, j'entendis des coups de feu. Pensant au début à l'entraînement au tir des miens, je ne m'alarma pas, mais bientôt les tirs, loins de s'apaiser, doublaient d'intensité et n'avaient pas cette régularité qu'ils ont lors de l'entrainement. C'était bien une attaque ! Profitant probablement d'une faille dans notre système de garde, ils s'étaient rapprochés au plus près possible du camp, le bruit de leur approche couvert par le vent soufflant dans les arbres, et leurs uniformes se confondant avec la couleur du sous-bois.
Je restais un instant indécis, cherchant la meilleur attitude à adopter. La réponse vint quand un sudiste se profila à ma vue, me tournant le dos, trop occupé à canarder mes camarades pour regarder derrière lui. Je ne suis pas genre à tirer dans le dos. Alors, profitant de l'aubaine, je me glissait derrière lui et dès que je fus à portée de voix, je lui sommais de se rendre. Pris au dépourvu, le sudiste leva les mains, vaincu. Intérieurement, je jubilais. Premières minutes de combat, premier prisonnier. Le week-end promettait !
Làs ! Les retournements de situation existent, même quand on s'y attends ! J'avais bien vu ce deuxième sudiste qui avait fuit lors de mon approche, et j'avais négligé le danger qu'il pouvait représenter. Alors que je tentais d'emmener mon prisonnier vers mes lignes, il déboucha de l'angle d'une maison et me canarda. De surprise, je lui tirais dessus en même temps, au jugé, et le rata. Me jetant en arrière pour éviter le tir, je perdis l'équilibre et tombai en arrière. La situation se renversa alors littéralement. De chasseur, je devenais gibier, et l'alternative qu'on me proposa fut simple : la "mort" ou la traîtrise.
J'avoue bien humblement que je ne fus pas long à me décider. J'étais frustré de n'avoir tiré qu'un seul coup de fusil jusqu'ici, et je ne voulais pas en rester là pour la première escarmouche de la journée. De plus, et ce n'est un secret pour personne, je suis bleu de raison mais gris de coeur. Alors parfois, le coeur l'emporte sur la raison... Les deux Sudistes ne furent donc guère surpris quand je choisis de rejoindre leur rang.
Il y a quelque chose de palpitant à tirer sur sa propre couleur d'uniforme. En toute symbolique, on frise le danger, on brave l'interdit... Une expérience certes pas inédite pour moi, mais toujours aussi pleine d'émotions. Je joignis donc mon fusil à ceux des Rebelles, et la bataille continua, sans qu'un camp ne semble l'emporter sur l'autre. A un moment, alors que des bleus nous débordaient par l'arrière, j'avisais le sergent Ingalls, et je dis à mes voisins :
" - C'est Ingalls ! Laissez-le moi !"
Pensez donc ; Le gars le plus gradé de ma compagnie ! Une occasion à ne pas rater, et qui ne se représenterait peut être pas avant longtemps ! Louvoyant entre les maisons vides, je m'approchais de lui, en toute confiance. Il ne devait pas se douter que j'étais passé à l'ennemi, et vu sa surprise quand j'épaulai mon arme et lui tirai dessus, je compris que j'avais deviné juste. Le sergent s'écroula dans un râle et ne bougea plus.
J'eus quand même quelque remors, et alors que je me déplaçais pour rejoindre le reste des gris, j'eus la fugace envie d'aller le voir et de m'excuser, de me justifier. Mais j'avais choisit mon camp à présent, et il fallait que j'en assume les conséquences ! Ceci dit, je fus bien vite puni, car l'instant d'après, je fus capturé par mon propre caporal de garde, Teddy Bear, qui ne tarda pas à s'écrier quel traitre j'étais. La bataille se termina peu de temps après, avec un net avantage pour le camp sudiste.

Tirer d'abord, se renseigner ensuite

Une fois les Sudistes repartis, nous reprîmes notre système de garde. Le private Stubborn, souffrant de la chaleur, demanda la permission d'oter sa veste. Le private Boldwin et moi, voulant agacer notre caporal, fîmes la même requête. Le caporal, otant son képi, se frotta un instant les yeux en disant "Alors attendez, comment vous le dire..." Puis il mima un accès de désespoir en jetant son couvre chef à terre et en le piétinant, se désolant d'avoir sous ses ordres un tel détachement. C'était à se tordre de rire ! Mais nous n'eûmes pas gain de cause, et dûmes rester avec notre veste, malgré la chaleur rendue supportable uniquement par le vent qui soufflait. Pour me punir de ma traîtrise et de mon insubordination, le caporal me posta à un endroit en plein soleil. Mais pas pour longtemps ! Révisant son système de garde, le sergent passa peu de temps après, et me déplace dans un endroit du sous-bois. Un sacré soulagement !

La seconde escarmouche fut plus longue à venir. Soucieux de me faire pardonner mon attitude de tantôt, j'observais une veille attentive, et soudain, j'avisais un sudiste dont je devinais la silhouette tapie dans le bois. J'en avertis aussitôt le caporal Bear, et nous l'observâmes en silence. Apparement, il était seul, ce qui nous lassait pas de nous rendre perplexe. Demandant la permission d'avancer, je tentais d'en voir plus, mais le sudiste reculait au fur et à mesure de mon avancée.
Soudain, le détachement nordiste partit en patrouille dû tomber - en embuscade ou par hasard, je l'ignore - sur les Sudistes, car des coups de feu commencèrent à retentir. Mon premier mouvement fut de rejoindre le champ de bataille, bien décidé à ne pas rester en arrière. Mais le caporal me somma de rester à mon poste, nous étions les seuls à pouvoir défendre le camp en cas de reflux de l'ennemi. Et bientôt, je vis une silhouette approcher vers nous en courant. Bien décidé à ne pas le laisser passer, je le mis en joue et m'apprêtais à tirer quand le private Boldwin, non loin de moi, me cria " - tires pas, c'est Ingalls !"
Oups... La boulette n'était pas passée loin, et le sergent, se rendant compte de la méprise s'écria : "Palouse, je vais croire à de l'acharnement !"
La bataille se termina finalement à l'intérieur même du village. Et je peux vous assurer d'une chose, les combats urbains sont autrement plus intenses que les combats en forêt ou en plaine. Il y a mille endroits où se dissimuler, mille endroits d'où peut déboucher l'ennemi, on doit avoir les yeux partout et l'oreille aux aguets, si on ne veut pas finir avec un tir dans le dos... Je me souviens d'avoir échappé à un tir de Gaston, pour mieux me jeter sur le fusil de Ouioui !
Le combat cessa sur ce qui me sembla être un match nul. Au loin, le tonnerre grondait, alors qu'un suttler fut organisé. Se fut pour nous l'occasion d'une trêve tacite et d'une franche partie de rigolade. On se serait crû sur la place du marché de Saint Germain un samedi matin !

La soirée se passa gaiement, entrecoupée par les averses orageuses. Nous ne craignions heureusement pas la pluie grâce au côté couvert du corral où nous nous étions mis, confortablement installés sur la paille des chevaux.

Dress parade in full marching order !

Le soleil nous réveilla tôt dans la matinée, bien avant le roll call. Il faut dire qu'avec les camps d'automne et d'hiver, nous avions pris l'habitude de nous lever avant l'aube. Mais si nous avions sû ce qui nous attendais, je crois que nous aurions mis moins d'enthousiasme à nous lever !
En effet, au roll call, le sergent nous annonça son intention, après le petit déjeuner, de nous inspecter lors de la dress parade en full marching order ! Il nous fallut donc astiquer nos cuirs, nettoyer nos armes, brosser nos vêtements, préparer le paquetage...
Une fois l'inspection achevée, nous eûmes le droit aux nouvelles des autres théâtres d'opération, et nos victoires étaient saluées par des hourras enthousiastes de notre part et huées par les Sudistes.
Une fois la dress parade achevée, les sudistes repartirent dans les bois, hors de notre vue. En commun accord avec mon détachement, le caporal Bear et moi-même nous portâmes volontaires pour la nouvelle garde. Nous avions vite compris que si on voulait être en première ligne, la garde était ce qu'il y avait de mieux pour ne rien rater.

Nous n'eûmes pas à attendre longtemps. La bataille fût intense mais de courte durée. Malgré tous nos efforts, l'avancée sudiste était inexorable, et après une charge aussi héroïque qu'inutile, nous dûmes battre en retraite, vaincus, décimés. Les rebelles tenaient à présent la ville et notre camp, et nous n'avions aucun autre choix que de rassembler nos forces pour tenter de les leurs reprendre. Nous nous regroupâmes donc dans la plaine, hors de portée des fusils de l'ennemi, et nous entâmames un large mouvement tournant à travers bois, pour prendre les Sudistes à revers. J'avoue que rarement j'avais connu une progression si pénible. L'air, déjà chaud en ce milieu de matinée, n'était même plus rompu par le vent qui nous soulageait la veille. Le sous bois était encore humide de la rosée du matin, rendant l'atmosphère lourde et étouffante et les herbes tapissant le sol glissantes. Combien de fois ai-je juré en dérapant sur du lierre au sol aussi glissant qu'une patinoire, ou en trébuchant sur des racines affleurant le sol ?
Nous arrivâmes finalement à notre destination, et notre attaque fut un succès. Ce fût au tour des sudistes de connaître la défaite, et ils dûrent quitter la ville, qu'ils n'auront tenu somme toute qu'un bref moment. Forts de notre succès, nous décidâmes de continuer sur notre avantage et repartîmes bientôt à la poursuite de l'ennemi. Mais celui-ci avait eu le temps de se resaisir et était bien planqué. Sur notre suggestion, à moi et au caporal Bear, le sergent nous détâcha en tant que flankers. Mais cela n'eut, finalement, pas beaucoup d'importance, sauf pour nous-mêmes... Nous fûmes les premiers à découvrir l'ennemi, mais aussi les premiers à "mourir" !

L'ultime assaut

Après une courte trève pour le repas du midi (qui fût bien courte car nombre d'entre nous n'eurent pas le temps de se nourrir), la garde, qui avait été avancée loin dans la plaine, fût de nouveau au contact de l'ennemi. Moi et certains des autres soldats, qui étions restés en arrière en réserve, sautèrent sur nos armes et accourûmes au plus vite. Certains n'avaient même pas pris le temps de repasser leur veste, et combattaient en chemise ! Notre rapidité fût un atout certain, car nous pûmes briser le mouvement ennemi, qui consistait à nous attaquer de flanc. Je restais un long moment avec le gros de la troupe puis, remarquant le sergent isolé et visiblement en difficulté face à un groupe de sudiste, je choisis de le suivre et de le soutenir sur cette partie du front. Mauvais choix ! L'ayant un court instant perdu de vue, je n'avais entendu qu'un cri, puis plus rien... M'approchant prudemment, je tombais quasiment nez à nez avec une partie des troupes de l'ennemi, entourant un sergent tombé au sol semblant plus mort que vif ! Fais prisonnier, je suivis donc le reste de la bataille en spectateur. Je pus donc voir que le sergent fut bien vite vengé, car les Nordistes contraignirent les rebelles à les charger sur une route, encadrée par des taillis trop touffus pour y pénétrer. Leur tirant dessus en enfilade, les bleus firent une véritable hécatombe, et la victoire finale fut donc pour nous.

Victoire finale en effet, car après cette splendide bataille, un bon café et un temps de pause, il était temps pour nous de déjà songer à rentrer et à retrouver notre bon vieux XXIe siècle. Il était le milieu d'après midi, et le travail nous attendait le lendemain, surtout que certains d'entre nous avaient plusieurs heures de route devant eux !

Ce camp fut donc très sympathique, et intéressant par plusieurs abords. Il nous permit de nous perfectionner dans le combat en tirailleur, nous donna une idée de ce que pouvait être le quotidien des soldats de garde, avec passage des relèves, et surtout, nous permit de tous nous retrouver une nouvelle fois.

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Pour plus de renseignements sur la seconde bataille de Winchester : Wikipédia

# Posté le mardi 19 juin 2007 10:19

Modifié le jeudi 21 juin 2007 18:38

All Quiet Along the Potomac Tonight

All Quiet Along the Potomac Tonight
Une des chansons les plus tristes à mon goût ; Elle raconte les derniers instants de vie d'une sentinelle lors d'une nuit, avant qu'elle ne soit abattue par un sniper ennemi. Elle était tout à fait de circonstance pour le camp du Maryland Ranch...

Paroles et musique de Ethel Lynn Eliot Beers

"All quiet along the Potomac to-night!"
Except here and there a stray picket
Is shot, as he walks on his beat, to and fro,
By a rifleman hid in the thicket.
'Tis nothing! a private or two now and then
Will not count in the news of a battle;
Not an officer lost, only one of the men
Moaning out, all alone, the death rattle.

All quiet along the Potomac to-night!
Where the soldiers lie peacefully dreaming;
And their tents in the rays of the clear autumn moon,
And the light of their camp-fires are gleaming.
A tremulous sigh, as a gentle night-wind
Through the forest leaves slowly is creeping;
While the stars up above, with their glittering eyes,
Keep guard o'er the army sleeping.
There's only the sound of the lone sentry's tread
As he tramps from the rock to the fountain,
And thinks of the two on the low trundle bed,
Far away, in the cot on the mountain.

His musket falls slack, his face, dark and grim,
Grows gentle with memories tender,
As he mutters a prayer for the children asleep,
And their mother--"may heaven defend her!"
The moon seems to shine forth as brightly as then--
That night, when the love, yet unspoken,
Leaped up to his lips, and when low-murmured vows
Were pledged to be ever unbroken.

Then drawing his sleeve roughly over his eyes,
He dashes off tears that are welling;
And gathers the gun closer up to his breast
As if to keep down his heart's swelling.
He passes the fountain, the blasted pine-tree,
And his footstep is lagging and weary;
Yet onward he goes, through the broad belt of light,
Towards the shades of the forest so dreary.

Hark! was it the night-wind that rustled the leaves?
Was it the moonlight so wondrously flashing?
It looked like a rifle: "Ha! Mary, good-by!"
And his life-blood is ebbing and plashing.
"All quiet along the Potomac to-night!"
No sound save the rush of the river;
While soft falls the dew on the face of the dead,
And the picket's off duty forever!
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# Posté le mardi 19 juin 2007 23:03

Les Tuniques Bleues N°51 !

Les Tuniques Bleues N°51 !
Pour les amateurs de cette bande dessinée, sachez que le nouvel opus est de sorti ! Celui-ci revient sur le passé de Stark, le capitaine de nos deux héros, chargeur dingue qui ne sait dire qu'une chose : "Chargez !"
Mais vous découvrirez que derrière cette façade, se cache un homme que rien ne prédestinait à ce rôle jusqu'à ce que qu'arrive un dramatique accident...

Les Tuniques Bleues Tome 51 : Stark sous toutes les coutures
Paru le 14 Août 2007
Prix éditeur : 8,50 ¤ L'album
23,00 ¤ le coffret avec poster et plaque émaillée
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# Posté le vendredi 14 septembre 2007 19:17

Modifié le samedi 15 septembre 2007 01:34